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Développement de l'égalité et de la mixité professionnelle dans les entreprises
et les branches

La loi du 9 mai 2001, pour développer le dialogue social sur l'égalité professionnelle, a fait de l'égalité professionnelle un thème obligatoire de la négociation collective dans les branches et les entreprises.
La loi salariale du 23 mars 2006 constitue un nouveau levier en faveur de l'égalité salariale entre les femmes et les hommes. Loi sur l'égalité salariale (circulaire d'application)

Rapport de situation comparée entre les femmes et les hommes et plan d'action :
de l'obligation à la sanction


L'article 99 de la loi sur les retraites de novembre 2010 concerne les entreprises de 50 salariés et plus qui devront établir un rapport de situation comparée entre les femmes et les hommes (L 2323-57 et L2323-47), qui est un outil de la gestion des ressources humaines et prévu par les lois de l'égalité professionnelle. Un plan d'action permettant d'assurer l'égalité professionnelle devra être rédigé recensant les mesures prises au cours de l'année écoulée, les objectifs de progression pour l'année à venir fondés sur des critères clairs, précis, opérationnels. Ce diagnostic doit permettre de définir qualitativement et quantitativement des actions ainsi que l'évaluation de leur coût.

le rapport de situation comparée est un document établi par le ministère du Travail.
Deux modèles sont prévus : le premier pour les entreprises de 50 à 299 salariés et le second pour les entreprises de 300 salariés et plus .

L'impact de l'article 99 de la loi sur les retraites permet de noter les évolutions de ces rapports.

Le rapport de situation comparée permet d'apprécier pour chacune des catégories professionnelles de l'entreprise la situation respective des femmes et des hommes en matière d'embauche, de formation, de promotion professionnelle, de qualification, de classification, de conditions de travail, de rémunération effective. Ce qui est nouveau pour les entreprises de 50 à 299 salariés c'est d'apporter des éléments d'information sur l'articulation entre l'activité professionnelle et l'exercice de la responsabilité familiale.
Ce rapport est doit être tenu à disposition de l'Inspection du Travail (L2323-47) pour les entreprises de moins de 300 salariés, mais doit être transmis à l'Inspection pour celles qui ont 300 salariés et plus.
En outre, une synthèse du plan en faveur de l'égalité professionnelle F/H correspondant aux objectifs et indicateurs doit être affichée dans l'entreprise.

Il est créé une pénalité pour les entreprises dès 50 salariés qui n'auront pas conclu un accord d'égalité professionnelle ou, à défaut d'accord qui n'auraient pas défini d'objectifs et de mesures constituant le plan d'action défini dans le rapport de situation comparée F/H.
Le montant sera égal à 1% de la masse salariale des rémunérations et des gains bruts. Il sera modulé en fonction des efforts constatés ou des motifs de défaillances constatées par les inspections du travail dans des conditions prévues par décret en Conseil d'Etat. Le dispositif entrera en vigueur au 1er janvier 2012 et les produits de la sanction seront reversés au Fonds de solidarité vieillesse.

Ces dispositifs ont été mis en place après la mission confiée par le ministre du travail, des relations sociales, de la famille, de la solidarité et de la ville à Brigitte GRESY afin :
- d' effectuer un bilan des différences de traitement entre les femmes et les hommes en matière d’accès à l’emploi et d’évolution dans l’emploi, en vue de présenter des propositions en faveur de l’égalité professionnelle et salariale, et notamment sur les voies et moyens d’appliquer et d’adapter les règles actuelles et d’envisager des sanctions efficaces ;
- d' élaborer des préconisations sur la question de la représentation des femmes dans les conseils d’administration et de surveillance des sociétés et des entreprises publiques et plus largement de la place des femmes dans les instances de décision ;
- d'aborder la question de la précarité du travail féminin prenant en compte les effets de la crise économique sur la situation des femmes sur le marché du travail.

Les enjeux sont désormais clairement identifiés même s’ils demeurent insuffisamment partagés :
- Enjeu de justice sociale et de démocratie tout d’abord ;
- Enjeu économique ensuite. La mixité doit être pensée comme un moteur de croissance et non comme une contrainte. Certaines études récentes semblent ainsi établir une corrélation entre la place des femmes dans les postes de décision et la performance des entreprises ;
- Enjeu sociétal enfin, lié à la configuration nouvelle des rôles sociaux dans l’articulation des temps de vie. Le lien entre égalité professionnelle et natalité a également été pointé dans certaines recherches et souligne bien l’enjeu d’avenir de cette question.

Dans le même temps, il ne convient pas de vouloir souligner systématiquement, pour justifier l’égalité professionnelle, le lien entre les femmes et la performance ou de souligner les enjeux de natalité. Faire entrer les femmes dans l’ensemble des métiers et dans les instances de décision se justifie simplement parce qu’elles sont présentes, bien formées, prêtes à s’investir et que les compétences n’ont pas de sexe. C’est, de plus, l’argument de la pluralité des talents qui doit emporter la conviction et non celui de la spécificité des talents. Et cette conviction s’inscrit dans un contexte plus large, au niveau international, car le combat pour les droits de l’homme au XXIème siècle, c’est d’abord celui pour les droits des femmes dans le monde. En savoir +

Le contrat d'égalité professionnelle

Mis en place par décret du 8 novembre 2001, toutes les branches professionnelles, organisations syndicales, fédérations d'employeurs, associations, organisations interprofessionnels et les entreprises qui ont négocié un accord sur l'égalité professionnelle peuvent bénéficier de ce contrat.
Il est passé entre l'entreprise et l'Etat pour améliorer la situation des femmes dans l'entreprise avec des actions exemplaires mentionnées dans l'accord sur l'égalité concernant l'embauche, la formation, la promotion, les salaires,l'organisation des conditions de travail. Globalement ce contrat vise à améliorer de façon significative la place des femmes en termes d'emploi et de qualification.

L'employeur doit justifier de la régularité de sa situation au regard de ses obligations fiscales et sociales, consacrer à la formation professionnelle un montant au moins égal à celui imposé par la loi.
L'aide financière accordée par l'Etat (droits des femmes et/ou Direction régionale du Travail) ne peut dépasser 50 % du montant des actions de formation (interne et/ou externe) et de 30 % du montant des salaires versés aux salariées en formation.
Des aides plafonnées à 50 % peuvent être données pour l'aménagement ergonomique afin d'alléger les charges qu'auraient à connaître la ou les salariées sur leur poste de travail ainsi que pour l'aménagement des vestiaires.
Il est signé entre l'employeur et le préfet de région.

Le contrat pour la mixité des emplois

Il concerne les entreprises de moins de 600 salariés. Ce contrat, le plus souvent individuel et nominatif, est passé entre l'Etat, la personne salariée et l'entreprise. Il permet à l'employeur de faciliter l'embauche, la mutation ou la promotion d'une femme dans l'entreprise dès lors que les emplois dans cette entreprise sont occupés traditionnellement par des hommes.
Cette aide ne peut dépasser 50 % du montant de l'action de formation (interne et/ou externe) et de 30 % du montant des salaires versés aux salariés en formation. Des aides plafonnées à 50 % peuvent être accordées pour l'aménagement des vestiaires ou pour faciliter l'aménagement ergonomique.
Dans le cas de l'apprentissage et du contrat pour la professionnalisation l'Etat ne peut intervenir que sur l'aménagement ergonomique et des vestiaires. L'objectif est d'utiliser ce contrat pour favoriser la mixité dans les secteurs où les métiers sont traditionnellement masculins, tels que les secteurs de l'industrie, du bâtiment, du transport ou de la restauration.

L'aide au conseil

Elle peut aider une entreprise de moins de 300 salariées pour faciliter la mise en œuvre de l'égalité.
L'aide au conseil orientée spécifiquement sur l'égalité professionnelle permet la prise en charge partielle à hauteur de 70 % du coût de l'intervention d'un Conseil extérieur à l'entreprise qu'il s'agisse du diagnostic de l'entreprise ou de la conception d'une opération. Elle ne peut dépasser 10 670 euros.


Délégation régionale aux droits des femmes et à l'égalité
18 bd Desaix - 63033 CLERMONT FERRAND cedex 1
tél : 04.73.98.63.17
courriel : droits-des-femmes@auvergne.pref.gouv.fr

 

. Pour un dialogue social efficace et légitime : représentativité et financement des organisations professionnelles et syndicales
(rapport au 1er Ministre mai 2006)
. www.femmes-egalite.gouv.fr
. Rapport préparatoire à la concertation avec les partenaires sociaux sur l'égalité professionnelle entre les hommes et les femmes, 2009
. Affiche pour les entreprises sur l'égalité professionnelles entre les femmes et les hommes